Hond vs. wolf

Chien contre loup

Des recherches menées par Guido Bosch, Wouter Hendriks et Esther Veninga-Hagen montrent qu'au cours de la période de domestication du loup vers le chien, trois gènes jouant un rôle dans la digestion de l'amidon et l'absorption du glucose ont changé (muté). Malgré cela, un régime alimentaire se rapprochant davantage de celui des loups pourrait offrir des avantages aux chiens d'aujourd'hui. Les chiens descendent des loups, mais leur alimentation a considérablement changé depuis leur domestication. Les loups sont des carnivores stricts, semblables aux chats, tandis que les chiens sont considérés comme des omnivores. Des scientifiques des universités de Wageningen et d'Utrecht ont étudié le régime alimentaire des loups et des chiens afin d'en cartographier les similitudes et les différences. Ces conclusions peuvent aider à améliorer et à optimiser la nourriture commerciale pour chiens.

Système métabolique flexible

La domestication du chien a débuté il y a entre 13 000 et 17 000 ans, lorsque les loups gris ont trouvé des restes de nourriture près des camps humains. Le chien a évolué vers un régime omnivore car des sources de nourriture animales et végétales étaient disponibles. Les loups modernes restent des carnivores quasi exclusifs, avec un apport nutritionnel très variable : ils peuvent survivre à de longues périodes sans manger et consommer d'énormes quantités après une chasse réussie. Ce mode de vie basé sur « l'abondance et la rareté » a conduit les loups à développer un métabolisme extrêmement flexible, leur permettant de bien gérer des nutriments variables. Ce système métabolique adaptable est toujours présent chez les chiens actuels.

Étroite parenté

Grâce à la sélection artificielle, une énorme variété de races de chiens a vu le jour au cours des derniers siècles. La plupart des chiens ne ressemblent plus guère à leurs ancêtres, mais les chiens et les loups peuvent toujours s'accoupler et produire une descendance fertile. C'est pourquoi les chiens sont considérés comme une sous-espèce du loup ; ils appartiennent à la même espèce et partagent une forte ressemblance génétique. Au cours de la phase de domestication, trois gènes impliqués dans la digestion de l'amidon et l'absorption du glucose ont été adaptés, comme le montre l'étude. En termes de traitement de l'amidon, les chiens domestiques ressemblent de plus en plus à des omnivores tels que les humains, les rats et les porcs. D'une part, les chiens modernes ont un régime omnivore, d'autre part, ils restent étroitement liés à leur ancêtre carnivore, le loup gris.

Régime alimentaire

Les loups sont des carnivores stricts : leurs excréments sont généralement composés de moins de 3 % de matières végétales. Le régime alimentaire naturel des loups sauvages a été déterminé sur la base de la composition des proies, du contenu stomacal et de l'analyse des excréments issus de diverses sources littéraires. Le profil nutritionnel des loups vivant à l'état sauvage est résumé dans le tableau. La digestibilité des protéines varie : les tissus musculaires et les organes sont hautement digestibles, tandis que les protéines présentes dans la peau, les poils et les os sont difficiles à décomposer. Le tableau montre que le régime alimentaire des loups sauvages présente un rapport protéines:graisses:glucides de 54:45:1 sur la base de l'énergie. Ce ratio diffère considérablement de celui des chiens domestiques, qui tirent 30 % de leur énergie des protéines, 63 % des graisses et 7 % des glucides. Il est frappant de constater que la préférence pour ce ratio nutritionnel chez les chiens est indépendante de la race : les grandes comme les petites races choisissent en moyenne 63 % d'énergie issue des graisses et 7 % des glucides. Le régime alimentaire des chats domestiques diffère moins de celui des chats sauvages : le ratio chez les chats sauvages est de 52:46:2, et chez les animaux domestiques de 52:36:12 sur la base de l'énergie. Les chiens montrent donc – par rapport aux loups et aux chats – une préférence marquée pour une alimentation riche en graisses. Le stockage des réserves de graisse est crucial pour la survie lors des pénuries alimentaires. La quantité et le type de nourriture qu'un loup sauvage mange varient énormément : après une chasse réussie, ils peuvent ingérer jusqu'à 22 % de leur poids corporel, avec une préférence pour les abats. En cas de disette, ils mangent les restes de vieilles proies, y compris plus de peau et d'os. Les chiens peuvent encore supporter de longues périodes de jeûne et récupérer rapidement lorsque la nourriture est disponible. En raison de leur mode de vie basé sur « l'abondance ou la rareté », les loups étaient probablement à l'origine mieux à même que les chats sauvages d'exploiter les restes alimentaires humains moins nutritifs.

Alimentation commerciale

La composition de la nourriture pour chiens diffère sur quelques points du régime naturel du loup ; elle contient moins d'énergie, dont une grande partie provient de l'amidon de céréales cuites. Les chiens digèrent mieux l'amidon que les loups, mais les conséquences d'une absorption élevée de glucose issue de l'amidon sur la santé sont floues. La nourriture pour chiens contient un peu moins de graisses que celle des loups, et cette graisse est souvent d'origine végétale, riche en acides gras oméga-6 et pauvre en acides gras oméga-3. Un éventuel manque d'acides gras oméga-3 (EPA et DHA) dans l'alimentation canine pourrait avoir des effets négatifs sur le système immunitaire. Les parties non digestibles diffèrent également : les fibres végétales fermentent différemment des composants animaux non digestibles (tels que le cartilage et le collagène), ce qui influence le microbiote intestinal. En raison de l'impact du microbiote sur la physiologie, le système immunitaire et le comportement, les chercheurs recommandent une étude plus approfondie des effets des types de fibres chez les chiens et de leur impact sur leur santé.

Régime « loup »

Une théorie bien connue en nutrition humaine stipule que le régime moderne diffère trop du modèle de chasseur-cueilleur du passé. Un retour à un régime paléo pourrait réduire les risques de maladies de civilisation (telles que le diabète, l'obésité et les caries dentaires), selon cette hypothèse. Cette théorie n'est pas encore prouvée de manière convaincante, mais Bosch, Hendriks et Hagen-Plantinga recommandent d'étudier si un régime « de type loup » offre des avantages aux chiens modernes. Les chiens sont bien adaptés aux aliments riches en amidon, mais dans des conditions moins optimales, comme lors de la vieillesse ou de maladies chroniques, un régime adapté pourrait être bénéfique. Cependant, l'âge avancé que les animaux de compagnie atteignent aujourd'hui n'est pas naturel ; par conséquent, les auteurs estiment qu'un régime « loup » n'offre probablement pas d'avantages pour les chiens âgés.

Source : Carolien Makkink Petfood Magazine. 

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